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SUMMARY:Habiter la transition\, Pratiques de transition et rapports au politique (visio)
DESCRIPTION:Le Réseau Approches Critiques du Développement Durable en partenariat avec l’atelier « Alternatives dans l’habitat » (REHAL) propose une nouvelle journée de l’atelier HABITER LA TRANSITION sur \nPratiques de transition et rapports au politique\nCoordinateurs de la séance : Cyprien Tasset et Jérôme Boissonade\navec : Jean-Baptiste Comby\, Quantité Critique\, Cyprien Tasset\, Laurence Allard\, Anne de Rugy\nSéance 19 \nL’écologie donne lieu\, à différentes échelles\, à des décalages entre déclarations\, voire convictions\, et pratiques. Ces décalages sont bien connus en ce qui concerne la “gouvernance incantatoire” du changement climatique\, doublement dissociée des analyses scientifiques et des réalités politiques et économiques. La dénonciation de ce hiatus est d’ailleurs le message principal de Greta Thunberg\, figure médiatique émergée en 2019\, qui exhorte la jeunesse à contraindre les dirigeants à l’action climatique.\nDu côté des dirigeants\, l’exemple français illustre bien les ambiguïtés possibles\, entre les déclarations ambitieuses d’Emmanuel Macron (« make our planet great again »)\, ses invitations à ce que l’on fasse pression pour renforcer son mandat en matière d’environnement\, et son renvoi de « chacune et chacun d’entre nous » à « sa part à prendre\, en tant que consommateur\, en tant qu’investisseur »\, le pouvoir individuel d’autorestriction étant ici mis en avant comme la principale marge d’action environnementale. \nAutre décalage : celui entre les groupes sociaux les plus à même de s’approprier les profits symboliques des normes d’écologisation des comportements\, et ceux dont les pratiques de consommation sont effectivement les plus sobres\, de sorte que « ceux qui en parlent le moins sont ceux qui en font le plus ».\nLa période récente semble avoir exacerbé les tensions entre pratiques et discours articulés en matière de transition écologique\, par exemple celles liées à la permaculture\, centrée sur la pratique\, se présentant volontiers comme “apolitique” et silencieuse sur la question des inégalités et des luttes sociales. Sur fond d’une (re-)montée des préoccupations écologiques dans les sondages\, et du mouvement social des Gilets jaunes\, dans lequel des pratiques de repolitisation ont eu lieu à la faveur d’un apolitisme revendiqué\, plusieurs phénomènes semblent en effet marqués par leur disjonction. S’agit-il alors de mettre à l’épreuve le politique par les pratiques\, de considérer ces dernières comme politiques par nature ou de travailler ces pratiques de manière à ce qu’elles le deviennent ? \nOn peut ainsi penser à l’essor des réformes des modes vie en matière de déchets tels que le « zero waste »\, marqués par l’aspiration à une action immédiate\, en une « écologie des solutions personnelles ». L’exemple des Frugaux volontaires\, et plus anciennement des CRAGs\, montre les contradictions pratiques et politiques de cet idéal d’une maîtrise totale des individus sur leur consommation. D’une part\, vivre dans la frugalité nécessite pour les couches cultivées de la population qui les composent en grande partie\, de ruser avec le système de production dominant\, par une épargne antérieure\, un travail salarié adapté ou des aides sociales. On connaît\, depuis le travail de M. de Certeau\, la portée politique de ces tactiques. D’autre part\, pour descendre en deçà d’un certain seuil de réduction de consommation\, le CRAGger doit adopter un principe d’autolimitation\, qui paraît a priori possible\, mais provoque des tensions quotidiennes telles avec l’entourage\, qu’il devient extrêmement compliqué de dépasser ce seuil\, en totale contradiction avec l’idéal consumériste. \nInversement\, d’autres phénomènes relèvent essentiellement de la sphère discursive : ainsi\, la “collapsologie” a vulgarisé une critique chiffrée du développement durable\, tout en suscitant des interrogations quant aux débouchés pratiques offerts aux bouleversements existentiels qu’elle suscite. Comment en effet\, retrouver des prises\, fabriquer des expériences face à une telle perspective ? Plutôt que de répondre à cette question en interrogeant la notion d’effondrement et son caractère démobilisateur ou dépolitisant\, on peut s’intéresser par exemple\, au “pouvoir des expériences et de leur mise en commun” par les groupes d’“effondrés” via les réseaux sociaux\, afin de voir en quoi ce travail est susceptible notamment\, de produire un “sentiment de confiance”. \nPour mieux comprendre les circulations et ambiguïtés entre les pratiques et les options politiques explicitement professées en matière de transition écologique\, nous allons donc solliciter toute cette journée\, des enquêtes menées à différentes échelles : celle des parcours de “déclassement volontaire”\, dont le récit emprunte volontiers au discours écologique pour se justifier (Anne de Rugy) ; celle du public des théories de l’effondrement (Cyprien Tasset). Mais aussi celles des participants aux marches pour le climat avec Maxime Gaborit et Yan Le Lann\, du collectif Quantité critique. Enfin\, Jean-Baptiste Comby\, qui a déjà travaillé sur cette problématique à propos de la médiatisation du changement climatique\, nous présentera les résultats d’une enquête statistique en cours. Autant de contributions qui sont susceptibles de nourrir le débat et la réflexion sur les pratiques de transition et leurs rapports au politique. \nprogramme\nde 10h à 12h30 \n\nAnne de Rugy\, doctorante en sociologie au laboratoire Sophiapol (Paris ouest Nanterre)\nFaire sans dire ? Multiplicité du rapport au politique et bifurcations professionnelles descendantes\nCyprien Tasset\, docteur en sociologie et membre associé au Laboratoire de Changement Social et Politique (université Paris Diderot)\net Laurence Allard\, maître de conférences\, sciences de la communication\, IRAV-Paris 3/Lille 3\, co-fondatrice de l’association Labo Citoyen\, en résidence au Carrefour Numérique\, Cité des Sciences et au FablabSU\, UPMC\nHabiter l’effondrement. Pratiques & trajectoires de collapsonaute\n\nde 14h à 17h \n\nCollectif « Quantité critique »\, (Yann Le Lann et Maxime Gaborit) collectif de chercheurs créé en septembre 2018 par Yann Le Lann\, maître de conférence en sociologie à Lille. Il réunit des maîtres de conférences\, docteur-e-s\, doctorant-e-s et étudiant-e-s en sciences sociales et se concentre sur l’analyse quantitative des mouvements sociaux actuels.\n Les marcheurs pour le climat\, entre critique et pratique des “éco-gestes”\nJean Baptiste Comby\, maître de conférences à l’université Paris 2\nLes classes dominantes et l’enjeu écologique\n\ninformations pratiques\nMercredi 10 mars 2021 de 10h à 17h\nen visio conférence \nEntrée libre sur inscription : reseau.acdd@cnrs.fr (merci de mentionner la séance d’atelier concernée) \n>> consulter le site du réseau ACDD \nProgramme des séances suivantes\n14 avril 2021 : Faire avec les effets rebond ? (séance organisée par Fabrice Flipo et Dominique Theile) avec : Fabrice Flipo\, Jean-Bernard Fressoz\, Louis-Gaëtan Giraudet\, François Briens\, Gaëtan Brisepierre\nhttps://www.mshparisnord.fr/event/habiter-la-transition-faire-avec-les-effets-rebond-2/ \n18mai 2021 : (Im)mobilisations populaires des quartiers face aux transitions (séance organisée par Sophie Némoz et François Valegeas)\, avec : Catherine Larrère\, Flaminia Paddeu\, Ségolène Darly\, Kaduna-Eve Demailly\, Khedidja Mamou\, Léa Billen\nhttps://www.mshparisnord.fr/event/habiter-la-transition-immobilisations-populaires-des-quartiers-face-aux-transitions-2/ \n 
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