Colloque | Examiner la médecine d’aujourd’hui par l’épistémologie historique
10 avril à 10:00 - 17:20

11e journées d’études sur l’épistémologie historique
L’objectif de ces journées est de mobiliser les ressources de l’épistémologie historique pour interroger les sciences biomédicales, en particulier leurs pratiques les plus contemporaines. S’il est vrai que l’épistémologie historique a été appliquée à un éventail très large de domaines relevant des sciences de la nature, des savoirs formels et des sciences de l’homme, il est tout aussi vrai que les sciences médicales ont peut-être représenté l’un des points d’applications les plus importants de cette approche, au moins depuis les travaux de Georges Canguilhem et Michel Foucault. Georges Canguilhem a cherché à appréhender la spécificité épistémologique des sciences de la vie, et préciser l’articulation entre la recherche scientifique et les pratiques thérapeutiques dans la connaissance du vivant. Les différentes étapes de l’œuvre de Michel Foucault ont contribué à interroger différents aspects des discours et pratiques médicales, de Naissance de la clinique à l’étude des formes du biopouvoir. À leur suite, Ian Hacking a interrogé le rôle du raisonnement statistique en médecine, ou a pu montrer, à travers la notion d’effet de boucle, comment les classifications psychiatriques transforment en retour les comportements des individus qu’elles visent. Plus récemment, la fécondité de cette tradition pour interroger la médecine contemporaine s’illustre dans de nombreux travaux (par exemple Gaille 2014, Giroux 2010). Dans la veine de ces recherches, nous proposons donc des journées d’études consacrées à l’étude des savoirs médicaux, des pratiques de soin et des politiques de santé par le prisme de l’épistémologie historique.
>> accéder au carnet Hypotheses ÉpistHist
Programme
9 avril 2026
- 9h30 – 10h : Accueil
- 10h – 12h35 : Session 1
Présentation par Lucie Fabr
The Role of History and Philosophy of Science in Medicine: Ontology, Epistemology, and Illness
Urte Laukaityte (Aarhus university)
Éclairer la controverse sur les voies de transmission de la COVID-19 par l’épistémologie historique
David Simard (université Paris Est–Créteil)
Health beyond the individual: Canguilhem meets “One Health”
Silvia De Cesare (Utrecht university)
- 14h15 – 16h50 : Session 2
Présentation par Perceval Pillon
Évolution de la classification des « démences » en regard de l’évolution des techniques
Philippe Albou (Société Française d’Histoire de la Médecine)
Repenser l’oncologie au prisme canguilhémien : le cancer comme nouvelle normativité biologique
Guglielmo Militello (université de Bordeaux)
Paradigme et/ou dispositif ? Utiliser l’épistémologie historique pour penser les relations de la cancérologie et de la médecine personnalisée
Jonathan Racine (université Toulouse-Jean Jaurès)
- 16h50 – 17h20 : Discussion générale
10 avril 2026
- 10h – 12h35 : Session 3
Présentation par Philippe Musette
Le cas de la maladie d’Alzheimer : entre épistémologie et ontologie historiques
Matteo Vagelli (università Ca’Foscari Venezia)
La naissance de l’épidémiologie clinique au prisme de la typologie des épistémès de Foucault
Clémence Thébaut (université de Bordeaux)
Métabolisme et reproduction: réactiver une porosité oubliée
Cécilia Bognon Küss (Sorbonne université)
- 14h – 16h50 : Session 4
Présentation par Caroline Angleraux
Rare diseases – on the multiple socio-epistemic effects of a regulatory intervention
Cornelius Borck (university of Lübeck)
Vers une méthode de la double vision : l’endométriose, savoirs situés et causalité médicale
Laurence Dufour-Villeneuve (université de Montréal, université de Mons)
Notes d’histoire épistémologique sur la médecine du travail
Marco Dal Pozzolo (université Paris Cité)
- 16h50 – 17h20 : Discussion générale
Informations pratiques
- les jeudi 9 et vendredi 10 avril 2026
- à la MSH Paris Nord, auditorium et en ligne sur demande à cettre adresse : epistemologiehistorique@gmail.com
- ouvert à tous·tes
Comité d’organisation : Caroline Angleraux (université Paris 1, IHPST), Lucie Fabry (université de Bourgogne, LIR3S), Iván Moya-Diez (university of Lübeck), Perceval Pillon (université Paris 1, IHPST) et Matteo Vagelli (università Ca’ Foscari Venezia)
Un projet de recherche qui bénéficie du soutien de la MSH Paris Nord dans le cadre de son appel à projets annuel.




