Axe 1 Industries de la culture et arts

Axe 1 – Industries de la culture et arts


Responsable : Philippe Bouquillion, professeur en Sciences de l’Information et de la Communication
à l’université Paris 13 – 


 

Les travaux conduits depuis le début des années 2000 au sein de cet axe ont porté sur les relations entre les industries culturelles et les arts. Il s’agit notamment d’étudier les conflits et les articulations entre les logiques de l’industrialisation culturelle qui a besoin des arts et fait commerce de leur production, et les arts qui, tout en trouvant des débouchés dans ces circuits de la production et de la diffusion culturelle, restent régis par des pratiques étrangères à celles des industries et marchés de la culture.

Environnements virtuels et création
Axe 1 – thème A


Coordination : 
Guilherme Carvalho, université Paris 3 –


Le thème vise des projets où la création expérimentale se développe en tant qu’activité de recherche dans un contexte interdisciplinaire associant arts, sciences et technologies numériques, en amont des industries de la culture et des cycles économiques de plus en plus courts. On privilégiera les méthodologies de la recherche-création et/ou de la recherche-action recourant aux environnements virtuels en art, les approches contributives et/ou collaboratives, notamment en relation avec le territoire. Les projets seront accueillis en incubation, pour le développement d'esquisses, de maquettes, de preuves de concepts. Ils pourront être exposés ou performés dans le cadre des activités de la MSH Paris Nord en partenariat avec les acteurs territoriaux. Séminaires, symposiums, conférences nationales et internationales pourront être proposées, sous réserve de co-financements.
Pour l’année 2020, l'appel à projets portera une attention particulière sur les thématiques suivantes : 

• La création en arts du cirque comme activité ou terrain de recherche en relation avec les environnements virtuels et les nouveaux media, en partenariat avec l’Académie Fratellini, acteur majeur du territoire de la Seine St-Denis et de renommée internationale.
• La culture du code informatique, privilégiant un accès libre à travers des langages de programmation ouverts plutôt qu’à travers des logiciels formatant les usages. On s’intéressera entre autres au langage FAUST, développé au GRAME à Lyon, qui traite le signal sonore avec un seul code textuel ouvert et utilisable sur de nombreux appareils (ordinateurs, téléphones, etc.) quel que soit leur système d’exploitation, et dont la communauté d’utilisateurs, artistes, chercheurs, développeurs, enseignants, se développe rapidement dans plusieurs pays.

Socio-économie de la culture et de la communication – Axe 1 Thème B


Coordonnateurs : 
Philippe Bouquillion, université Paris 13 – 
Yolande Combes, université Paris 13 - 
Tristan Mattelart , université Paris 2 - 


Les projets présentés porteront sur les dimensions socio-économiques des domaines de l’information, des médias, de la communication et de la culture, pouvant être cernés à partir de diverses perspectives. Le thème invite à interroger les transformations qu’ont pu entraîner sur ces différents domaines la montée en puissance des plateformes numériques et les discours sur la « créativité » ayant scandé leur essor. Ces transformations pourront être observées à partir de terrains en Amérique du Nord ou en Europe, mais aussi en Amérique latine, en Asie, en Afrique ou au Moyen-Orient.

Le thème voudrait enfin inviter à analyser ces transformations à partir non seulement de la perspective des acteurs dominants, mais également de celle et de ceux se situant à leur périphérie, qu’ils se présentent comme « indépendants », « alternatifs » ou autres.

Appareils. Productions et médiations esthétiques, techniques et artistiques
axe 1 – thème C


Coordonnateurs : 
Audrey Rieber, MCF en philosophie de l’art à l’ENS de Lyon –
Charles Ramond, université Paris 8 -


Les activités menées dans le cadre du thème C de l’axe 1 prennent leur origine dans les travaux de Jean-Louis Déotte († 2018) autour de la notion d’appareil. Celle-ci décrit différents modes de structuration de la sensibilité, de la pensée, de l’apparaître et de l’agir, conditionnés par des dispositifs comme la perspective centrale, le musée, le cinéma ou le numérique. Chaque dispositif produit une articulation spécifique des arts, des sciences, des répartitions du pouvoir (l’incarnation, la projection, l’immersion, l’inscription, etc.). Pour dire les effets globaux de ces paradigmes esthético-techniques et penser leur rapport historique qui n’est jamais de simple succession mais relève d’une stratification parfois conflictuelle, Déotte a finalement développé la notion de cosmétique ; celle-ci désigne la parure mais surtout l’ordre, le bon ordre : cosmos.

Prolongeant ces perspectives, le présent thème entend accueillir et soutenir les réflexions esthétiques sur les productions artistiques et techniques, dans la diversité de leurs médiums, de leurs modes d’apparition, de présentation et de représentation. De ce fait, le thème C s’ouvre à une philosophie en dialogue avec l’histoire et la théorie des arts, des techniques et des sciences, avec les diverses formes de l’écriture et de la littérature, de la traduction et de l’interprétation, ou encore avec la science des médias. Les différents régimes historiques auxquels les arts sont liés font aussi l’objet d’une attention particulière, dans la mesure où ils font époque. Enfin, une place de choix est accordée aux industries au sens large, c’est-à-dire au faire, à l’agir, au bâtir, bref à une esthétique de la production. Sans rejet de son histoire, les propositions ancrées dans la philosophie contemporaine retiendront tout particulièrement l’intérêt. Les initiatives visant à introduire en France des approches encore peu connues, souvent par faute de traduction ou en raison d’un découpage des disciplines différent selon les pays, seront aussi bienvenues.

Les projets de recherche soutenus ne seront pas conçus seulement pour faire un bilan des savoirs mais davantage pour proposer un lieu d’expérimentation théorique sous la forme d’ateliers de lecture, de comptes-rendus de travaux, de discussions avec un invité choisi, de journées d’étude ou tout autre format de travail collaboratif. Aux travaux du thème C s’adosse la revue en ligne Appareil https://journals.openedition.org/appareil/ créée en 2008 qui compte aujourd’hui 20 numéros thématiques sur, par exemple, la politique benjaminienne de l’image, Gilbert Simondon, l’inscription numérique chez Jean-François Lyotard, les implications esthétiques de la théorie des médias de Friedrich Kittler ou, tout récemment, le rapport entre art contemporain et patrimoine.
Un numéro en hommage à Jean-Louis Déotte est en préparation.

Créations, pratiques, public
axe 1 – thème D


Coordonnateurs : 
Jean-François Dusigne
, université Paris 8 – 
Cécile Vallet, université Paris 13 - 
Stéphane Poliakov, université Paris 8 - 


Le thème fédère des projets visant à rendre compte, dans leur multiplicité, de modalités et processus propres aux pratiques performatives et spectaculaires dans les temps et les lieux les plus divers. Les projets accueillis contribuent, par la théorisation des expériences pratiques, à une meilleure connaissance des « incarnations de l’imaginaire » de groupes ou communautés culturels du monde entier, y compris les expériences les plus proches, en veillant à lever les pièges de l’ethnocentrisme, à contextualiser chaque domaine, en repérant spécificités et interférences entre les cultures, en considérant les enjeux historiques, esthétiques, sociaux et politiques, ainsi que les conditions matérielles et économiques.

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