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Rencontres internationales Le droit à la ville

4 avril à 09:30 - 5 avril à 18:30

Colloque consacré à l’actualité et aux prolongements des 50 ans du « droit à la ville » d’Henri Lefebvre

Le 4 avril 2018 : Hôtel de Ville de Paris – auditorium
entrée : 5 rue Lobau 75004 PARIS
métro 1 et 11 : Hôtel de Ville
métro 1, 4, 7, 11 et 14 : Châtelet

Le 5 avril 2018 : Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord
20 avenue George Sand 93210 La Plaine Saint-Denis
métro 12 : Front Populaire (sortie 3)

> inscription obligatoire (places limitées) :
https://docs.google.com/forms/d/1JBB0QD-2CTBZ7dPWRh0Dhmg2a3yjT8kcOEkwCMKmUDc/edit

> télécharger le programme (pdf)

Présentation

Le livre Le droit à la ville d’Henri Lefebvre paraît en mars 1968. En réaction à l’urbanisme fonctionnaliste et à l’aménagement technocratique, il proposait une nouvelle conception de l’urbanisme. Faisant de la ville, un enjeu de société, cet ouvrage a toute sa place dans l’histoire des idées. À rebours de l’idée d’espace politiquement et socialement neutre, Lefebvre analyse celui-ci comme la « projection des rapports sociaux ». Cette conception permet un renouveau à la fois théorique sur la pensée de la ville et pratique autour des politiques urbaines. Le caractère novateur de Lefebvre réside aussi dans sa critique des outils traditionnels d’analyse de l’urbanisation. Prenant appui sur le matérialisme historique de Marx, Lefebvre montre que la ville est pensée comme processus et comme espace social.

Le droit à la ville anticipe de profondes évolutions dans la société et dans le champ intellectuel. D’une part — à l’instar de Pierre Bourdieu et de Michel Foucault —, Henri Lefebvre redéfinit le travail du philosophe dans la cité du XXème siècle en sortant la pensée marxienne de sa gangue pour l’ouvrir sur de nouvelles approches laissant une place importante à l’apport de l’art et à la critique de la quotidienneté. D’autre part, il place désormais, au centre de la réflexion sur les sociétés contemporaines, la problématique de la ville, de l’urbain et de l’espace. Il affirme la nécessité d’un « droit à la ville » qu’il définit comme un droit à la vie urbaine et à la décision démocratique.

Ce curieux ouvrage est tout à la fois un projet scientifique, un projet politique et une redéfinition de l’urbanisme.

Longtemps mise en sommeil, de nouveaux chercheurs (Harvey, Soja, Garnier, Purcell,..) ont fait renaitre la conceptualisation de ce droit à la ville par ajouts, par raffinements, par redéploiements. Ils ne furent pas seuls puisqu’au niveau local, les mouvements sociaux s’en emparent aux échelles locales, nationales et internationales. Cette vague de fond explique les féroces empoignades autour du terme « right of the city » lors des débats sur la résolution finale d’Habitat III à Quito. Ces controverses se sont conclues sur un compromis boiteux autour de la ville pour tous, permettant ce que certains dénomment « droit à la ville ». A travers les Forums Sociaux Mondiaux, des gouvernements locaux en dialogue avec les mouvements d’habitants, se sont aussi emparés du droit à la ville comme d’un axe de radicalisation de la démocratie locale et de promotion d’un horizon différent face à l’hégémonie de la ville compétitive.

Des migrants aux habitants des bidonvilles jusqu’aux résidents des quartiers défavorisés en termes d’habitat, d’accès à la centralité et aux services publics, les exclu-e-s du droit à la ville sont nombreuses et nombreux. La campagne même s’est « rurbanisée » devenant un espace dortoir de villes constituées : la ville y étant absente, le droit d’en jouir l’est tout autant. Ville inclusive ou excluante ? Peut-on parler de droits ? Qui garantit ces droits ?

Les mouvements sociaux — comme ceux réunis dans la « Global Platform for the Right to the City » —, mettent en avant la lutte contre la ville capitaliste. Au-delà de ces phrases de combat, ne faut-il pas plutôt affirmer une ville plus solidaire et inclusive offrant aux luttes pour le logement des interstices urbains ou des vides devenus de potentiels refuges ; donnant aux luttes contre les frontières des facilités pour transformer les murs en médias d’information et d’expression ? Ces conflits liés à l’action matérielle donnent vie à la théorie du droit à la ville en générant des apprentissages, des avancées, une réflectivité.

De fait, le droit à la ville est censé inclure tous les droits civils, politiques, économiques, environnementaux, sociaux et culturels en y ajoutant les dimensions du territoire et de la vie urbaine : droits de circuler librement, d’être protégé, d’avoir un logement digne, de se soigner, de pratiquer sa religion, de prendre part à la vie politique de la cité (voir « la plateforme des droits humains dans la ville »). En cette période de recul des pouvoirs publics, de nombreuses associations s’y substituent en luttant quotidiennement pour rendre effectif tous ces droits au niveau local et national tout en limitant toutes les entraves d’accès que sont les discriminations de genre, de classe sociale, d’origine, d’orientation sexuelle, de culte, d’âge… Ces mouvements sociaux produisent du savoir notamment une charte du droit à la ville qui navigua des Forums urbains mondiaux jusqu’à la Conférence internationale des Nations Unies, Habitat III. Certains pays et certaines régions urbaines l’ont même inscrite dans leur constitution.

Au moment de célébrer le 50e anniversaire de Mai 68 et de la sortie du livre d’Henri Lefebvre, il est apparu nécessaire au laboratoire d’idées « la Ville en Commun », et à la revue d’urbanisme critique « Tous Urbains », de rendre compte de l’importance et de l’actualité du concept dans les champs de la philosophie, de la pensée urbaine et de la sociologie et d’en apprécier les débats qu’il a généré

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Détails

Début :
4 avril à 09:30
Fin :
5 avril à 18:30
Catégories d’Évènement:
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Lieu

MSH Paris Nord
20, avenue George Sand
93210 La Plaine Saint-Denis France
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Téléphone :
01 55 93 93 00
Site Web :
https://www.mshparisnord.fr/
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