Axe 3 Mondialisation, innovation, régulation

Axe 3 – Mondialisation, innovation, régulation


Responsable : Benjamin Coriat, professeur à Paris 13 – Co-responsable : Cédric Durand, maitre de conférence à Paris 13 -


Centré sur les déterminants, les effets et les vulnérabilités de la mondialisation et du déploiement des technologies numériques, cet axe a vocation à accueillir toute recherche théorique et/ou empirique portant sur les crises du capitalisme et les conditions de formation de nouvelles régularités économiques, sociales, politiques et environnementales.
Les crises de la mondialisation comme les opportunités et les menaces nées des innovations appellent une redéfinition des formes de réglementation et font naître un besoin de nouveaux droits et de nouvelles institutions.
Les travaux menés dans cet axe s’attaquent à ce problème. Une attention particulière est portée à la notion de « communs », qui peut enrichir et problématiser l’analyse de la régulation financière, relancer la réflexion sur les entreprises et les organisations et nourrir la réflexion sur les transitions écologiques. Autour de la notion de « bien commun », c’est toute la réflexion sur les services publics et l’économie sociale et solidaire qui se trouve remise sur le métier.

Transitions écologiques
Axe 3 Thème A

 

Coordination : 

Razmig Keucheyan, université de Bordeaux –


On s’intéressera dans ce thème aux transitions écologiques, du point de vue économique, politique, culturel, juridique et sanitaire. Le pluriel compte : l’idée que « la » transition consisterait pour les sociétés à se rendre uniformément d’un point à un autre peut être problématisée. La congruence avec les thèmes de l’axe - mondialisation, innovation, régulation - sera recherchée, avec un accent placé sur la dimension environnementale de ces processus.

On cherchera à croiser approches empiriques et théoriques. La transition supposant une projection dans le futur, y réfléchir comporte nécessairement une part de normativité. Par ailleurs, une attention sera portée à la question des temporalités, et notamment à l’enjeu de la planification des transitions écologiques. Si le marché livré à lui-même n’est pas à même de trouver une issue à la crise environnementale, des modes de coordination alternatifs des processus socioéconomiques et politiques doivent être imaginés. De même, il s’agira de faire varier les échelles de la transition, du local au global. Si nombre d’expérimentations ont cours à l’échelle locale, leur « montée en échelle » ne va pas sans poser des problèmes. Enfin, les transitions comportent un volet « atténuation » mais également un volet « adaptation ».

Organisations, management et institutions
Axe 3 Thème B

 

Coordination :
Céline Baud, université Paris Dauphine – 
Yuri Biondi, CNRS - 


Ce thème accueille des chercheurs désireux d’étudier les transformations et les dynamiques du capitalisme à l’échelle des organisations, des pratiques managériales et des outils de gestion. Mariant théories des organisations et approches institutionnelles, approches socio-techniques, sociologiques ou juridiques, les programmes accueillis dans ce thème examinent les organisations à la fois en tant « qu’institutions », reflétant en ce sens les systèmes de règles dans lesquelles elles opèrent, et en tant que productrices originales de règles, normes, pratiques, outils et conventions à même de structurer les relations entre acteurs.

Les projets portent sur les formes d’entreprises, les modalités de propriété et de contrôle, les relations inter-entreprises, ou les outils de gestion et d’évaluation qui accompagnent et structurent la digitalisation, la financiarisation et la mondialisation. Mais les projets pourront également aborder la question de la diversité des organisations et au sein des organisations en analysant, par exemple, les logiques actionnariales et d’intérêt public dans les entreprises capitalistes, les formes d’organisations économiques alternatives à la forme dominante dans le capitalisme, ou les organisations publiques et sans but lucratif.

Droits de propriété, droits de propriété intellectuelle et marchés
Axe 3 thème C


Coordination :
Benjamin Coriat, université Sorbonne Paris Nord –
Fabienne Orsi, IRD - 


La construction sociale des marchés est analysée à la lumière des effets que les systèmes de propriété ont sur les conditions de la formation de ces marchés et de leur fonctionnement. Une attention particulière aux travaux permettant de comprendre et d’analyser les conditions de la formation d’un (ou de plusieurs) marché(s) spécifique(s) de la propriété intellectuelle et des brevets : méthodes d’évaluation des actifs intangibles que sont les titres de PI, identification des nouveaux acteurs gestionnaires et offreurs de titres de PI, nature des transactions auxquelles donne lieu la PI.

Quelles sont les formes alternatives à la propriété privée exclusive ainsi qu’aux nouvelles formes de « communs » associées à ces alternatives : « communs urbains », logiciels libres, « creative commons » ?

Il s’agit tout particulièrement d’éclairer la manière dont s’organisent et se partagent les droits de propriété ainsi que les modes de gouvernance et les « modèles économiques » qui en résultent dans les domaines de l’économie dite « collaborative ».

Au-delà des communs au sens strict, une attention particulière est également portée à toutes les réflexions conduites autour de la notion de « bien commun » et aux tentatives de les doter d’un statut juridique. Ainsi les travaux portant sur l’école Italienne des « beni comuni », comme la réflexion visant à doter les villes de « chartes » concernant les biens communs font partie des priorités de ce thème.

RÉGULATION, MONDIALISATION, FINANCIARISATION
Axe 3 thème D


Coordination :
Tristan Auvray, université Sorbonne Paris Nord –
Céline Bloud-Rey, université Sorbonne Paris Nord -
Jean-Jacques Menuret, université Sorbonne Paris Nord -


Ce thème porte sur des projets traitant des questions de la régulation, la mondialisation et la financiarisation dans le contexte du néolibéralisme et de ses crises, sous l’aspect, d’une part, économique et financier et, d’autre part, juridique. L'approfondissement des liens économiques et financiers à l'échelle internationale s'accompagne d'une transformation des régimes de production de règles et l'instauration de régularités socioéconomiques qui peuvent être abordés sous de multiples aspects : droits sociaux, gouvernance des entreprises, environnement, technologies, commerce, droits de l’Homme, investissements.   

Sur le terrain économique et financier, les projets s’intéressent à l’émergence, la hiérarchie et la complémentarité des règles et des institutions. Ils peuvent notamment aborder le financement de la transition environnementale, la concurrence réglementaire en matière fiscale, sociale et écologique ou bien encore les voies d’une réforme de la régulation de la mondialisation. Envisager, par exemple, la subordination des règles commerciales aux droits fondamentaux dans les domaines politique, social et environnemental pourrait constituer une réponse aux vulnérabilités révélées par la crise pandémique. D’une autre manière, la fragilité des chaînes globales de valeur, leur imbrication étroite avec le monde financier et les technologies numériques, et l’insuffisance de l’investissement plaident pour un renouveau de la politique industrielle et de la planification.

Sur le terrain du droit, il est prêté une attention particulière aux questions relatives au déploiement de la régulation qui s’est accéléré sous l’effet de la mondialisation. Ce phénomène a entraîné une remise en cause des acteurs et de la production des normes, en même temps que l’assouplissement de celles-ci, ainsi sans doute qu’une déterritorialisation du droit. Droit souple, compliance, éthique, nouvelles technologies, transition énergétique, droits sociaux, témoignent de ce renouvellement en s’inscrivant au centre de la plupart des réflexions actuelles. Pour autant, reste entière la question des objectifs liés à la performance économique ou financière.

Économie sociale et solidaire et développement local
Axe 3 thème e


Coordonnatrice :
Carole Brunet, université Paris 8,


Ce thème s’intéresse aux modes de régulation coopératifs entre les acteurs socio-économiques locaux. Face aux effets déstabilisateurs du néolibéralisme en matière de protection sociale et d’action publique, le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) et les autres formes d’économies alternatives, permettent de penser et de pratiquer des modèles économiques porteurs de changement structurel et d’innovation, notamment sociale. Il s’agit aussi d’étudier comment des « communs économique et sociaux territoriaux » peuvent être définis et construits, et d’en explorer la contribution au développement territorial, en ancrant les analyses sur l’écosystème local, et en particulier sur le territoire de Plaine Commune.

Ce thème contribue également à développer les recherches et les pratiques en matière de transition économique, sociale et écologique. La crise multidimensionnelle liée au Covid-19 souligne à la fois les capacités de résilience fonctionnelles des modèles alternatifs et leur fragilité économique. En effet, les réseaux de solidarité et les circuits courts sont intensément mobilisés pour pallier les carences de l’offre publique ou celles du marché, et revitalisent un terrain favorable à la relocalisation ou la réorganisation d’activités dans les territoires de proximité. Cependant, les difficultés financières rencontrées risquent d’accélérer les restructurations à l’œuvre, au détriment de la densité du tissu de l'ESS, et d’accentuer sa mise en concurrence avec le secteur concurrentiel à but lucratif.

Print Friendly, PDF & Email