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Colloque , Habiter en devenir : [Dé]Cloisonnements

13 juin - 17 juin

Dans son œuvre inachevée, Passages, Walter Benjamin prédit que nous devenons très pauvres en expériences de seuil. La modernité, la vie moderne, a rendu les « rites de passage » méconnaissables. Les seuils sont des portes vers un autre, des extériorités qui donnent accès à un autre encore sans énonciation et annonciation, passage à ce que nous allons devenir. La porte est toujours quelque chose qui s’ouvre devant nous, mais qui peut aussi se refermer devant ou après nous, une expérience seuil d’un autre qui peut ou non se réaliser.

Dans un monde de plus en plus configuré par les restrictions, les interdictions et le manque d’horizon, symptômes de portes fermées, certaines portes s’ouvrent sans consentement, d’autres sont créées et provoquées à partir de l’expérience de seuils presque impossibles. Si, comme le dit Benjamin, la modernité a institué l’appauvrissement des expériences de passage à un autre imprévisible, à des horizons indéfinis, la pensée demeure encore comme un seuil potentiel. Mais comment penser la pensée comme une porte qui s’ouvre, comme un élargissement des horizons ? Les seuils ne sont pas simplement effacés ou préservés, ils sont créés comme une expérience du devenir et du futur. Il nous reste à réfléchir à la manière d’activer cette expérience.

Et s’il y a encore quelque chose à penser, nous sommes dans le domaine de la cendre, et de son possible retour, puisque, d’une certaine manière, tout peut revenir. Mais peut-on sauver ces cendres, à leur retour, d’un eidos toujours rôdant, d’une raison idéalisante et totalisante ? La cendre, la poussière est toujours déplacée. Tendance à disparaître et, en même temps, fantômes de quelque chose, ils portent et diffusent des formes et des contenus d’autres temps, hors du temps. Mais, potentiellement, seraient-ils aussi capables de se transformer en pollens, réceptacles à matériel génétique, capables de porter des traces d’un autre temps et vers d’autres temps ? Traces d’un avant comme portes à l’autre. De quelles cendres comme des portes, et pas seulement des restes, pouvons-nous parler ?

Les images, en quelque sorte, sont des traces, des cendres d’un avant qui deviennent les pollens de quelque chose qui reste à dire et à penser une fois fécondées. La cendre, la poussière, le pollen passent par toutes les portes, ils sont partout, rappelle Derrida dans « Sauver les phènoménes » : « Le cendre est partout (ubique), dehors et dedans (intus) – dont le corps ne peut plus être enfermé en un seul lieu ».

Nombreux sont les penseurs, les essayistes, les philosophes, les artistes du XXe siècle qui se sont penchés sur la question, en choisissant le monde des images comme levier ; Roland Barthes, Georges Didi-Huberman, Harum Farocki, Jacques Rancière en font partie.

Le colloque s’inscrit dans une recherche en cours intitulée « Habiter en devenir : d’autres logements », coordonnée par le Pr UFRGS et le Gerphau-ENSA Paris LaVillette. S’intéressant aux processus de transformation, de mutation liés à la notion de demeure, de demeure, de permanence, de persistance dans ou avec quelque chose, quelqu’un, il se pose aussi comme lieu d’habitation d’une réflexion sur les devenirs esthétiques des existences communautaires minoritaires . .

Lieu de libre pensée provoquée par les concepts, il propose d’activer l’exercice de l’expérience des seuils à partir d’une herméneutique construite avec et par l’intertextualité des images. Des images qui, réunies, associées, mises en proximité, commencent à fonctionner comme des portes devant, devant ou après nous. En quoi peut-on faire de cette expérience des images un seuil [in]surgissant vers et depuis l’autre ?

Qu’il s’agisse de lieux aux portes instables, encore latentes, minuscules, parergonales, marginales, sans garanties de permanence, il est important de réfléchir à la manière de les ouvrir ou de les maintenir ouvertes.

Programme

Ouverture le 13 juin à 19:15 (heure Brésil)

Angelica T. Alvim- réalisatrice FAU-MACKENZIE
Luiz Guilherme Rivera de Castro – Coordinateur PPGAU FAU-MACKENZIE
Igor Guatelli- PPGAU FAU-MACKENZIE professeur et organisateur d’événements

les tables
13/06 19:30 (heure Brésil)

Portes extra-vagantes
Médiatrice : Maria Isabel Imbronito – FAU-MACKENZIE

Marta Bogéa – FAU-USP
Giselle Beiguelman – FAU-USP
Igor Guatelli – FAU-MACKENZIE et GERPHAU-ENSA Paris La Villette

14/06 18:30 (heure Brésil)

Portes périphériques
Médiatrice Isabela Sollero Lemos – FAU-USP (doctorante)
Fernando de Mello Franco – FAU-MACKENZIE
Eugenio Queiroga – FAU-USP
Nelson Brissac -PUC-SP

15/06 18:30 (heure Brésil)

Portes mobiles
Médiateur Antonio Fabiano Jr. – FAU-MACKENZIE
Luis Antonio Jorge – FAU-USP
Tuca Viera
Guilherme Wisnik – FAU-USP

16/06 18:30 (heure Brésil)

Ports virtuels
Médiateur Luciano Pessoa FAU-USP (doctorant)
Fernando Fuão – FAU-UFRGS
José Carlos Lemos – FAU-UFRGS
Wellington Cançado – FAU-UFMG
Agnaldo Farias – FAU-USP

17/06 18:30 (heure Brésil)

Fermeture [Dé]cloisonner  et altérité
Igor Guatelli, Guilherme Wisnik, Nelson Brissac

Groupe de recherche PPGAU FAU-Mackenzie : Ville et Architecture et Philosophie

Projet de recherche Habiter en devenir : autres demeures

Coordinateur : Prof. Dr.Igor Guatelli – PPGAU FAU-Mackenzie

informations pratiques

du 13 juin au 17 juin 2022

>> lien de diffusion YouTube PPGAU FAU Mackenzie
http://bit.ly/PPGAU-FAU-Mackenzie (activation des sous-titres français requise)

Un projet de recherche qui bénéficie du soutien de la MSH Paris Nord dans le cadre de son appel à projets.

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Détails

Début :
13 juin
Fin :
17 juin
Catégorie d’évènement:

Organisateur

Igor Guatelli