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Exposition, Comment le monde m’affecte, et comment j’affecte le monde ?

3 juin - 12 juillet

La Storia

Kollectiv automédialité
Collège International de Recherche Biographique en Éducation (CIRBE)

Notre recherche-création-formation vise à l’exploration de la notion d’« automédialité » en tant que voie signifiante de médiation, d’invention, de mise en figures de soi par l’expérience de création. La notion d’automédialité appelle à reconnaître la spécificité et la dimension constitutive du médium dans les processus de subjectivation et de biographisation, en prenant en compte l’interaction du médium, de la réflexion subjective et du travail sur soi dans des pratiques artistiques.
Nous interrogeons les processus automédiaux selon lesquels peut se constituer notre exister comme présence et rapport au monde, en y reconnaissant un double mouvement d’affectation : « Comment le monde m’affecte et comment j’affecte le monde ». Concernant le medium iconique, le geste de l’automédialité est une performance réalisée dans les espaces du sensible de l’image.
Opérant un travail sur les formes du visible, il « met à jour » les choses et les êtres, produisant pour le créateur et pour le regardeur des effets biographiques de connaissance et de savoir, de pensée et d’émotion, de mémoire et de réflexion sur une histoire personnelle et/ou collective.

Christine Delory-Momberger (auteure – photographe – agence révélateur, femmesPHOTOgraphes, universitaire, Paris 13 Sorbonne Paris Cité /CIRBE)

En s’enfonçant dans la forêt 
À travers ses images, ce travail photographique donne à voir la force, la fragilité et la fugacité des souvenirs qui se glissent, émergent, disparaissent, tour à tour présents dans une puissance d’évocation, vacillants dans leur passage incertain ou tapis dans les zones obscures de la mémoire. Ils viennent et vont, s’accrochant à des couleurs, des lumières d’un jour, des visages dont les contours se floutent au fil du temps, des sensations qui affleurent dans une remontée soudaine d’émotions. Ce sont des tracés au sable sur la surface soufflée de ma mémoire qui dessinent des lignes s’estompant avec le passage des lendemains.

Vanessa Buhrig (auteure et photographe / CIRBE)

Infinite Diary
Infinite Diary est le journal d’un voyage réel devenu imaginaire. Des paysages désertiques, des vagues déchaînées, un vent lancinant, des nuages vaporeux, des silhouettes enveloppées de brume, des pas perdus, l’envol silencieux d’un oiseau, un cairn oublié… Autant d’images que de fugaces sensations de souvenirs déjà vécus, autant d’images que de petites lucarnes sur un périple onirique intemporel. Plonger dans les archives devient alors l’occasion de repartir sur la route, se perdre, et tout recommencer à zéro. Une infinie possibilité d’ailleurs, jusqu’à épuisement.

Alejandro Erbettta (artiste – photographe, docteur en Esthétique, pratique et histoires des arts, Paris 8 / CIRBE)

Mansion Séré /enfance et dictature
J’ai vécu mon enfance en Argentine pendant une période de dictature ((1976-1983) à proximité d’une grande maison qui servait de centre clandestin de détention (la Mansion Seré) et d’une base militaire (VII Brigada Aerea de Moron). Durant mon enfance, j’ai souvent joué dans les ruines de cette maison avec les enfants du quartier, sans connaître l’histoire de ces lieux. Mon projet photographique propose une relecture de cette période heureuse qui est en même temps une des plus obscures de l’histoire de l’Argentine. À travers l’utilisation du montage et de l’association d’images, c’est un récit elliptique qui se forme où vie et mort, innocence et cruauté, bonheur et douleur s’articulent ici dans la mise en parallèle de la mémoire collective et de la mémoire individuelle.

Laure Pubert (artiste – photographe – agence révélateur, femmesPHOTOgraphes / CIRBE), Cécile Offroy (Paris 13 Sorbonne Paris Cité/CIRBE) & Jean-Marc Oberti (vidéaste)

Percées. Voyages immobiles sur les traces de l’ancien asile de Ville-Evrard
Percées est la restitution d’une recherche-création en cours, conduite par une sociologue (Cécile Offroy), une photographe (Laure Pubert), un constructeur et vidéaste (Jean-Marc Oberti) et un petit groupe de patients et de professionnels, en quête de l’activité – passée, présente – de l’ancien asile de Ville-Evrard, destiné à devenir prochainement un quartier d’habitation de la ville de Neuilly-sur-Marne (93).
Travail soignant et hospitalier, bien sûr, mais aussi travail agricole et ouvrier des patients, de leurs corps en jeu, rouages d’une organisation autarcique et communautaire. Il ne s’agit pas de documenter la transformation des lieux, ni de chercher à reconstituer une histoire objective de leurs usages, mais de se laisser guider par les rencontres et les arts de faire, saisir par les récits, imprégner par les lieux, dont certains, tels les ateliers ou les dortoirs de la ferme, figés dans le temps, semblent avoir été abandonnés hier. Nous ne sommes plus seulement les spectateurs d’une mémoire en cours d’apparition, mais des acteurs, témoins et auteurs, d’une perception de la disparition.
Cette recherche-création est présentée en intégralité sous la forme d’une installation déambulatoire les 13, 14, 15 et 17 juin 2019 de 14h à 19h à Corpusfabrique, Pavillon Chaslin, Hôpital de Ville-Evrard, 93330 Neuilly-sur-Marne. Performance avec Delphine Zucker et Fany Mary le 17 juin 2019 à 14h30 et 16h

Dominique Mérigard (auteur – photographe)

Le bruit et la stupeur. À S-21 lieu de mémoire du génocide cambodgien
Vingt-quatre ans après avoir visité et photographié pour la première fois S-21, cette terrible prison khmère rouge transformée en Musée du génocide cambodgien à Phnom Penh, je suis retourné en janvier 2018, dans ce lieu si chargé en émotion. Presque 14 000 hommes, femmes et enfants seront exécutés. Cette émotion originelle a donné lieu à une exposition et à la publication d’un livre, Témoin S-21, aux éditions Le Bec en l’air, en 2008. Y revenir une nouvelle fois fut comme gratter une cicatrice et raviver une douleur jamais oubliée. J’ai découvert une petite salle nouvellement aménagée avec un simple paper-board offert aux visiteurs pour qu’ils puissent déposer quelques mots. Les mots comme l’émotion ont débordé du cadre qui leur était réservé, remplissant tout l’espace, des murs au plafond, et créant, malgré le silence, une sensation de brouhaha inouïe.
J’ai retrouvé dans les yeux des visiteurs ce trouble et la sidération qui furent et sont toujours les miens. J’ai alors voulu saisir cette sorte de stupeur qui fige leur regard, pèse sur leur corps tout entier. J’ai cherché à comprendre ce qui, en ce lieu, à l’encontre de tout ce qui nous différencie, parvient à nous unir. Comme un exutoire au choc provoqué par la visite, les inscriptions sont une façon de marquer son passage en ce lieu. Et les murs pareils à ceux des réseaux sociaux permettent de réagir, d’afficher ses sentiments de manière impulsive. L’extraordinaire bruit des murs.
On ressent dans cette pièce toute une humanité qui demanderait pardon aux personnes exécutées par les Khmers rouges, mais aussi à tous ceux qui, de nos jours, sont encore victimes d’oppression.

informations pratiques

Du 3 juin au 12 juillet 2019
à la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord
de 8h30 à 17h du lundi au vendredi
Entrée libre et gratuite, ouvert à tous

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Détails

Début :
3 juin
Fin :
12 juillet
Catégorie d’Évènement:

Lieu

MSH Paris Nord
20, avenue George Sand
93210 La Plaine Saint-Denis France
+ Google Map
Téléphone :
01 55 93 93 00
Site Web :
https://www.mshparisnord.fr/
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