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Journées d’études, Faire face aux violences sexuelles (visio)

11 mars - 12 mars

gratuit

Faire face aux violences sexuelles
Résistances des acteur·trice·s, outils des chercheur·se·s

Au cours des dernières années, de nombreuses voix se sont élevées en France et dans le monde pour dénoncer et lutter contre les violences sexuelles, notamment celles exercées sur les personnes mineures. Issues du mouvement historique, initié par les féministes, de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, et dans la continuité des travaux réalisés jusqu’ici, ce projet s’inscrit dans l’actualité du mouvement #MeToo, marquant une nouvelle étape du refus de la naturalisation et de l’invisibilisation des violences sexuelles.

L’enquête Violences et rapports de genre (Virage, Ined) réalisée en 2015 a montré que 14,5 % des femmes et 3,9 % des hommes ont été victimes de violences sexuelles au cours de leur vie (Debauche et al., 2017). Elle confirme ainsi les résultats de plusieurs décennies de travaux féministes sur les violences sexuelles en sciences sociales en France (Picq, 2011), dans la continuité des mobilisations féministes qui ont dénoncé les violences faites aux femmes et aux enfants à partir des années 1970 (Boussaguet, 2009) et des recherches à l’international. Ce sont également près de 30 ans de recherches quantitatives sur le sujet qui précèdent cette enquête [1]. Ces travaux interrogent la prévalence des violences sexuelles subies, leur contexte de survenue et leurs conséquences. Les violences sexuelles sont des violences de genre, c’est-à-dire qu’elles sont perpétrées principalement par des hommes sur des femmes, s’insérant dans les inégalités sociales structurelles, qui participent au contrôle social de ces dernières (Hanmer, 1977), en constituant un rappel à l’ordre de genre (Clair, 2008). Elles sont exercées sur des femmes issues de tous les milieux sociaux, dans tous les cadres de vie, tout au long de la vie et prennent diverses formes, s’inscrivant ainsi dans un continuum des violences faites aux femmes (Kelly, 2019 [1989]). Les enquêtes montrent que les hommes sont, quant à eux, essentiellement victimes de violences sexuelles dans l’enfance et l’adolescence, exercées le plus souvent par d’autres hommes.

En parallèle de ces travaux menés en sciences sociales, les travaux psychiatriques et psychologiques portant sur les conséquences des violences sexuelles, notamment vécues dans l’enfance, se sont développés et attestent de l’ampleur et de la gravité des dommages subis (Felitti et Anda, 2010). Paradoxalement, une « injonction au traumatisme » (Fassin et Rechtman, 2007) enferme les femmes concernées dans une trajectoire de « victime à vie », tandis que les hommes victimes seraient condamnés à reproduire les violences sur autrui, renforçant ainsi les stéréotypes de genre (Debauche, 2016). Nombre de travaux critiques des approches médicales et psychologiques parfois essentialisantes, visent à restaurer la capacité d’agir – agency – des femmes ayant vécu des violences et leur autonomisation – empowerment – (Debauche, 2011).

L’objectif de ces journées d’études sera de mettre l’accent sur :

  1. la façon dont les actrices et les acteurs [2] perçoivent les violences sexuelles, les émotions qu’elles engendrent et les formes de résistances individuelles et collectives mises en place pour y faire face;
  2. le processus de qualification des violences et le moment de leur révélation;
  3. les difficultés des chercheur∙e∙s à faire face aux récits de violences sexuelles et les outils mis en place pour gérer les affects et les émotions que l’enquête soulève;
  4. la genèse des courants qui analysent les violences sexuelles avec une focalisation sur ceux centrés sur l’étude des conséquences des violences et ceux qui tente de rétablir une capacité d’agir (agency) aux personnes qui les ont subies.

>> télécharger le programme complet (pdf)

[1] On pense, entre autres, à l’enquête Analyse des Comportements Sexuels en France en 1992, l’Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France en 2000, Contexte de la Sexualité en France en 2006, Évènements de Vie et Santé en 2005/2006 ainsi qu’aux différentes enquêtes Baromètre Santé et aux enquêtes annuelles Cadres de Vie et Sécurité en France. À l’étranger, de nombreuses enquêtes ont également été menées, comme par exemple UE-wide survey en Europe, National Intimate Partener and Sexual Violence Survey, National Crime Victimization Survey, l’enquête du CDC Adverse Childhood Experiences de 1998 et National Survey of Children’s Exposure to Violence aux États-Unis, des enquêtes qui sont menées annuellement ou régulièrement.

[2] Afin de ne pas réduire les sujets à leur expérience de la violence, nous préfèrerons, dans la mesure du possible, les termes d’actrices et d’acteurs plutôt de victimes pour les désigner.

Journées d’études organisées par Javiera-Coussieu Reyes : USPN (Pléiade et Iris), Lucie Wicky : EHESS (CMH) et Ined et Virginie Rigot : EHESS (Iris)

informations pratiques

Journées d’études en visioconférence
les 11 et 12 mars 2021
>> inscription obligatoire sur :
https://colloque.univ-paris13.fr/violences-sexuelles/

>> carnet de recherche Hypotheses : https://fairefacevs.hypotheses.org

Un projet de recherche qui bénéficie du soutien de la MSH Paris Nord dans le cadre de son appel à projets.

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Détails

Début :
11 mars
Fin :
12 mars
Prix :
gratuit
Catégorie d’évènement:
Site Web :
https://fairefacevs.hypotheses.org/