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Paradigmes des corps en mouvement

6 juin à 09:30 - 17:00

En prélude à la troisième Semaine Internationale du Corps (BodyWeek 3), les forces lyonnaises de la Société francophone de philosophie du sport (SFPS) proposent, en partenariat avec le Laboratoire sur les Vulnérabilités et les Innovations dans le Sport (EA7428), une journée d’études à l’UFR-STAPS de l’Université Claude Bernard Lyon 1. L’objet de la journée questionne de manière critique l’épistémologie dominante du corps établie dans le champ des Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS).

Le corps sportif ou corps des STAPS est ici compris en tant que paradigme d’un corps « occidental », rationnel et fonctionnel ; c’est un corps qui marche, qui est efficace certes, mais qui se voit façonné par de l’imaginaire, des croyances savantes (médecine, science, etc.) autant que des croyances naïves (politique, religion, sens commun, etc.). L’approche critique de l’ethnocentrisme dans l’épistémologie du corps stapsien ne prétend pas proposer un nouveau modèle paradigmatique, mais davantage saisir la pluralité épistémologique autour du corps par le champ de la philosophie du sport  : corps du normal, corps du social, corps du politique, etc. Cependant l’expression même « philosophie du sport » comme discipline de référence ne mériterait-elle pas également d’être mise en relief d’un point de vue anthropologique, dans le sens où nommer « philosophie du corps » ce que Daniel Dubuisson reconnaît comme « sagesses de l’homme » (Dubuisson, 2004) : yoga, bouddhisme, etc., reviendrait également à un ethnocentrisme nominal ? Existe-t-il des philosophies de l’ailleurs, non euro-américaines ? (Dalissier, Shin et Yasuhiko, 2004). La pratique des somaticien.ne.s sera sollicitée tout comme la pratique de celles et de ceux qui ont été capables de produire un savoir sur le corps sans pour autant mettre ce savoir en discours. Quels centrismes se constituent-ils en point d’achoppement dans la culture STAPS : centrismes scientifiques, centrismes de mouvement physique, centrismes culturels, centrismes médiatiques, etc. ? Comment et/ou à partir de quelles autres références paradigmatiques se décentrer pour penser le corps en mouvement, son identité, son imaginaire, sa diversité ? Suivant Thomas Khun, le paradigme est l’impensé qui permet de mettre en norme le réel, une pluralité épistémique pour penser la réalité. Le paradigme ainsi dés-absolutise l’idée de savoir : telle type de culture, telle type de valeur… lesquels considérons-nous comme absolu ? Kuhn insiste sur la notion d’« incommensurabilité des paradigmes » (Kuhn, 1962) : les différentes manières de percevoir le corps en mouvement sont ainsi souvent irréconciliables, ne retenant de la réalité décrite que les aspects saillants leur donnant sens, ne pouvant percevoir ce qui les réfute. Sans pour autant sombrer dans un relativisme conduisant à abandonner l’idée d’une « vérité » du corps en mouvement qui puisse être universelle, il s’agira de montrer la légitimité d’autres manières de le penser, de pratiquer, de sentir son corps. L’émersiologie et l’écologie corporelle (Andrieu, Sirost, 2014 ; Andrea, Sirost, 2017) prennent ici tout leur sens, en ce qu’elles permettent de penser autrement qu’au travers du paradigme de la performance et de la compétition les rapports du corps à son environnement. Le corps qui se transforme n’est pas seulement le corps qui court, mais le corps qui se transforme en lui-même par lui-même. Comment décrire la transformation d’où émergeraient des savoirs nouveaux dépassant les bases scientifiques stapsiennes ?

La journée s’articulera sous forme de communications ouvertes mettant en jeu différentes corporéités qui produisent des sensibilités « extra-quotidiennes » (Barba, Savarese, 2008) : corps luttés, corps dansé, corps extrêmes, corps capacitaires, corps transformés, corps handi-ordinaires, corps au-delà, en-deçà ou à côté des limites scientifiquement admises, corps vécu, corps du chercheur lui-même, corps transformés, corps transgressifs, corps désirés, etc. N’est-ce pas à l’épistémologie contemporaine de réfléchir à la pluralité de ces paradigmes du corps, de les solliciter, de les faire se rencontrer et dialoguer ? Les paradigmes des corps en mouvement se déploieront en trois thèmes : corps et techniques nomades, expériences du corps handi-ordinaire et corps transgressifs.

Comité d’organisation

Philippe Liotard, Pierre Philippe-Meden, Raphaël Verchère

Comité scientifique

Bernard Andrieu (Univ. Paris-Descartes) ; Petrucia da Nobrega (Univ.  Fédéral de Rio Grande do Norte, Natal-Brésil) ; Nathalie Gauthard (Univ. Nice Sophia Antipolis) ; Jacques Gleyse (Univ. Montpellier) ; Jérôme Goffette (Univ. Lyon 1) ; Gilles Lecocq (ILEPS) ; Nancy Midol (Univ. Nice Sophia Antipolis) ; Jean-Marie Pradier (Univ. Paris 8, MSH Paris Nord) ; Patricia Ribault (Univ. Humboldt-Berlin) ; Olivier Sirost (Univ. Rouen) ; Yannick Vanpoulle (Univ. Lyon 1)

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Détails

Date :
6 juin
Heure :
09:30 - 17:00
Catégorie d’Évènement:

Lieu

Université Claude Bernard Lyon 1