Penser l’impossible ubiquité

8, 9, 10 décembre 2021
Université de Paris | Les Grands Moulins
hall C, salle 888C, 8e étage, 5 rue Thomas Mann, Paris 75013

Journées d’étude organisées par Maud Laëthier et Julien Mallet (IRD, URMIS, université de Paris)

Ce projet a été pensé à partir du séminaire/webinaire de recherche intitulé « Recherches contemporaines en anthropologie : des circulations en question(s) ». Compte-tenu de la situation sanitaire des derniers mois, celui-ci est devenu un webinaire auquel ont alors été associés nos partenaires haïtiens et malgaches.

Ce nouveau « partage » mensuel, susceptible de nous (ré)unir par le truchement de la technologie, est en lien avec le temps actuel d’une pandémie qui nous divise. Cette expérience nous a, sous ce rapport, porté à réfléchir à l’entrave que connait notre travail de partenariat appliqué et impliqué, sur place et dans le temps long. Si cet accès entravé se dévoile comme une occasion pour penser de nouveaux outils de travail et de partage, il nous conduit aussi à (re)penser une distance qui, en se redéfinissant, reformule l’articulation Nord/Sud du moment.

Non sans un certain paradoxe, l’idée est de questionner les effets d’une ubiquité que nous n’avons pas.

  • Prendre la parole autrement peut-il se transformer en une expérience collective de pensée ? Il nous faut problématiser cette situation et partager cette problématisation.
  • Au-delà̀ des implications d’une telle approche en termes d’histoire des circulations des savoirs, quels sont les ressorts et les enjeux politiques et éthiques d’une telle démarche ?
  • Quelles en sont les implications sur nos objets ?
  • En sortent-ils recomposés ?
  • Dé/re-centrés ?

Mercredi 8 décembre 2021

13h30-17h, salle 888C
Atelier d’échange et de réflexion Covid : quels enseignements ?

https://cnrs.zoom.us/j/92529581272?pwd=TjV3aU5HQzZZcDVpUVlPaEFlVnp5UT09
ID de réunion : 925 2958 1272
Code secret : rvmew2

Jeudi 9 décembre 2021

13h30-18h, salle 888C
Repenser des liens et des corps (sociaux, individuels, technologiques…) :
(des)aliénation(s)


https://cnrs.zoom.us/j/91261123356?pwd=MkNjUWdQTlVoWi90SWRlYnNuM3MvQT09
ID de réunion : 912 6112 3356
Code secret : ecLE2r

Vendredi 10 décembre 2021

13h30-18h, salle 888C
SHS et pandémie : effets réciproques
Circulations des savoirs : ce que le passé nous apprend

https://cnrs.zoom.us/j/97121231432?pwd=N1NtK0hyYWhmWGZOanhya1g3bUx3Zz09
ID de réunion : 971 2123 1432
Code secret : ii2iSZ

>> télécharger le programme (pdf)

Retour sur les JEP 2021 à la MSH Paris Nord

L’université Paris 8, une des tutelles de la MSH Paris Nord, a réalisé un article et un podcast sur les journées européennes du patrimoine qui se sont déroulées à la MSH Paris Nord en septembre 2021.
Retrouvez les !

Réalisation Alice Forge du service communication de l’université Paris 8.

>> présentation des JEP 2021
https://www.mshparisnord.fr/event/journees-europeennes-du-patrimoine-a-la-msh-paris-nord-2021/

Haraka, 2021

Installation sonore pour un dispositif d’occlusion par Jérémie Nicolas

Visite sur réservation à la MSH Paris Nord.

« Haraka » signifie mouvement en arabe. De ce terme proviennent les mots « harki », un supplétif algérien de l’armée française durant la guerre d’indépendance algérienne, et « harka », la formation de supplétifs, le groupe mobile. Pièce maîtresse d’une thèse en recherche-création intitulée Écho d’affect d’effroiHaraka est une installation sonore pour un dispositif cylindrique d’occlusion. Si l’archive des témoignages oraux révèle le ton avec lequel s’articule une parole, ces documents sonores donnent également à entendre les silences de voix, parfois longs et sans issue, qui ponctuent un témoignage. À partir d’une série d’entretiens, menés par Grégor Mathias avec d’anciens supplétifs et conservés dans la phonothèque de Véronique Ginouvès à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme d’Aix-en-Provence, il s’agit de questionner le potentiel audible des silences liés à une mémoire traumatique. Dans l’histoire du trauma colonial franco-algérien, la question des harkis reste une des plus complexes et contradictoires. Rejoignant souvent les rangs de l’armée française pour des raisons financières, les harkis ont été considérés comme des traitres sur le sol algérien et ceux qui ont suivi la France ont été trahis, parqués avec leurs familles dans des camps de « transit et de reclassement », parfois jusqu’au milieu des années 1970.

Constitué de neuf feuilles d’acier, le dispositif d’occlusion a pour fonction de rendre sensible l’épreuve difficile que représente l’écoute d’un mouvement pourtant toujours en potentiel dans un silence de voix. Dans un enregistrement, une plage de silence peut être considérée comme un bruit de fond à spectre continu. La résistance du silence à la représentation est matériellement comprise dans le silence enregistré. À l’inverse d’un vide, il apparaît comme un potentiel en excès, une sonorité proche du bruit blanc qui comporte toutes les fréquences audibles à intensité égale et dans laquelle tout, a priori, pourrait être composé.

À intervalle irrégulier, une question est diffusée du plafond. Immédiatement après, les parois du cylindre occlusif sont activées par six excitateurs diffusant, à travers l’acier, des moments musicaux composés à partir de silences d’anciens supplétifs. La particularité du dispositif est due aux écarts infra minces des zones de recouvrement des feuilles entre elles, qui, laissant passer un peu d’air, réagissent avec plus ou moins d’expression en fonction des sonorités diffusées. Continuellement redoublé de résonances incidentes pouvant aller du râle au cri, le dispositif feint les modalités d’une voix partiellement autonome agissant comme une silenciation de la source, alors inaudible en tant que telle.

Visite sur réservation en présence de l’artiste-chercheur
Durée de la visite : 19’00

Création : Jérémie Nicolas
Scénographie : Maryline Gillois
Métallurgie : Lou Force
Images : Cécile Friedmann et Flavie Jeannin

Jérémie Nicolas

Doctorant en esthétique, sciences et technologies des arts spécialité musique à l’université de Paris 8 (Musidanse/CICM), Jérémie Nicolas travaille dans les murs de la  MSH Paris Nord sous la direction d’Anne Sèdes en codirection avec Joseph Delaplace. Il bénéficie d’un contrat doctoral de l’EDESTA et enseigne à Paris 8.

L’installation sonore Haraka a reçu les aides à la création de l’EUR ArTeC et de l’EDESTA. Accueillie à la MSH Paris Nord, cette pièce à fait l’objet des Visites Insolites du CNRS en septembre 2021 dans le cadre de la Fête de la science.  

Artiste-chercheur, Jérémie Nicolas collabore depuis 2015 avec les arts plastiques et vivants, pour des projets réalisés à la maison des arts de Malakoff, au CENTQUATRE ou au Centre Pompidou